Mercredi 27 juin 2007
CHAPITRE II            
                                                            LE DECOR
 
Les jours qui suivirent, tout le monde semblait avoir oublié cet événement et la vie repris son cours normal avec le soleil, la plage, la voiture de boujemha, et la maison des parents de Nora, la mère d’Elias.
A cette époque, Nora avait 26 ans et boujemha 46, ils partageaient leur vie entre la ville de Paris et celle de Tunis, travaillant dans l’une et se ressourçant dans l’autre.
Leur union était comparable au colosse de Rhodes : Un aspect solide avec des fondements aussi improbables que ceux conçus en argile.
Il faut savoir que boujemha est analphabète, qu’il est issu d’un père joueur invétéré et que par conséquent, il a dû se débrouiller seul depuis l’âge de sept ans. Ceci fait de lui un homme égoïste et très dur . Un père redoutable pour Elias.
Peu de temps après la circoncision, en période scolaire, Boujemha regarda Elias, lui montra ses mains crevassées par le froid et lui dit : « Tu vois Elias, je n’ai pas été à l’école et regarde le résultat ; mes mains sont le témoin de l’importance qu’a la valeur de l’éducation ; si tu ne vas pas à l’école, tu seras forcé de passer par des chemins de souffrance».
Nora, elle, était une femme docile avec son mari et très douce avec son enfant, peut être un peu trop car cette douceur allait progressivement glisser vers de la surprotection et vers une exigence exacerbée lorsqu’Elias grandira.
par AMENOPHIS
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Mercredi 27 juin 2007

 

                                                                         CHAPITRE I

                                                                       L’EVÉNEMENT

 

 

 

 

            Le son strident des cymbales déchirait l’atmosphère de ce quartier populaire à l’agitation palpable ; les instruments à vent soufflaient un air à la fois festif et saccadé comme s’ils laissaient présager ce qui allait arriver à Elias dans les heures qui allaient suivre.

Elias est un petit garçon de 6 ans dont l’innocence et la malice n’ont d’égale que son physique enrobé. Partagé entre deux cultures, l’une occidentale et l’autre orientale, il s’apprête à vivre aujourd’hui un événement bien particulier qui le marquera certainement de façon profonde et indélébile.

 

            Il est 17h00 et le grondement tonitruent de la fanfare sonne le glas. Les convives, dans une excitation sans limites mettent en place les derniers préparatifs de la cérémonie : Digne accueil des invités avec mets, boissons et orchestre folklorique, organisation logistique quasi militaire avec convoi entre les deux bases ou allait se dérouler ce qui allait être une boucherie sanglante, et aussi et surtout l’arrivé du protagoniste le plus important, le maître boucher.

 

            Le boucher en question est un praticien non agréé puisque traditionnel. Sans avoir la moindre connaissance chirurgicale avec toutes les précautions de sécurité que cela implique, il a été à même de circoncire plusieurs enfants dont, entre autre, les oncles de Elias alors qu’il n’était même pas encore né.

 

Se trouvant totalement instrumentalisé, Elias ne réalisait pas ce qui allait lui arriver et, d’ailleurs, personne ne se doutait de la tournure dramatique qu’allait prendre l’événement.

Le lit à deux places qui faisait office de lit conjugal et incarnait une vitrine lisse d’un couple à l’union pour le moins rugueuse était imbibé de sang. La grand-mère d’Elias, shehrazad, lui expliqua par la suite que l’hémorragie était si importante, que le matelas n’a pu éponger le liquide et que des gouttes coulaient à travers.

Mais il s’en souvenait bien le petit... Il se souvenait avoir été transporter tombeau ouvert par Hedi, l’ami de la famille, à la clinique d’urgence car son père Boujemha sirotait une bière pendant que son fils se vidait de son sang. Il se souvenait  entendre les chirurgiens dire à son oncle : « Il a beaucoup de chance que vous soyez là car vous êtes le seul à avoir le même facteur resus ; sans vous, il y restait ». Il se souvenait également de la voisine qui voulait absolument rentrer chez elle et qui demandait à boujemha de la raccompagner...

Bien sûr, il se souvenait de tout cela. Tout cela étant le résultat de l'ineptie et de l'obscurantisme de la tradition face à la perfection et à l'objectif de sécurité de la médecine moderne pensait-il.

Une erreur de dosage d’anesthésiant par rapport au rapport taille/poids avait bien faillit coûter la vie à Elias ; pour sûr qu’il s’en souvenait.

par AMENOPHIS
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